Moons of Darsalon se présente comme une expérience singulière et captivante, mêlant l’esprit des classiques du puzzle à une action plateforme résolument axée sur la physique. Conçu par le talentueux développeur solo Dr. Kucho ! Games, ce titre offre un savant mélange de mécaniques inspirées de Lemmings et de The Lost Vikings, tout en insufflant une dose de modernité à travers des effets lumineux et des éléments 3D surprenants sur fond de pixel art rétro et d’un filtre CRT nostalgique.
Dr. Kucho ! Games est le fruit d’un travail acharné d’un seul développeur qui a mis huit longues années à concevoir Moons of Darsalon. Ce projet, tout en rendant hommage aux jeux de l’âge d’or du gaming, se distingue par son approche inventive et son esthétique rétro affirmés. Malgré des ressources limitées, le jeu parvient à offrir une expérience riche et originale, signe du dévouement et du talent de son créateur.
Dans l’espace, personne ne vous voit galérer
Moons of Darsalon vous plonge dans un futur rétro-futuriste où vous incarnez un sauveteur spatial confronté à l’un des défis les plus singuliers de votre carrière : récupérer des Darsanauts, des astronautes perdus lors d’une mission d’extraction sur les lunes de la mystérieuse planète Darsalon. Dès le début du jeu, l’enjeu est clair : une équipe d’astronautes s’est égarée dans un environnement hostile et imprévisible, et c’est à vous de les guider vers la sécurité de leur base.
L’histoire démarre avec une introduction minimaliste, laissant rapidement place à l’action et aux énigmes environnementales. Vous êtes chargé de donner des ordres simples – avancer, rester, ou changer de direction – pour orienter ces personnes, qui semblent presque incapables de se sauver elles-mêmes. La particularité de ces Darsanauts, terrifiés de l’obscurité et d’une IA parfois défaillante, impose au joueur de redoubler de vigilance et de créativité pour construire des chemins sûrs.
Au fil de votre progression, les niveaux se succèdent avec des décors variés et des défis de plus en plus corsés. Vous devez utiliser divers outils – comme le Laser Gun pour percer des murs, le Ground Gun pour créer des plateformes, et même un jetpack pour traverser des espaces inaccessibles – afin de forger un chemin vers la base. Chaque niveau révèle ainsi un nouvel obstacle ou une nouvelle mécanique de jeu, et c’est en maîtrisant ces éléments que vous pourrez sauver vos compagnons.
Spoiler alert : dans l’un des niveaux-clés, le niveau 13, le jeu vous réserve une surprise inattendue. Alors que tout semble suivre le cours normal, vous vous retrouvez bloqué sur une échelle à cause d’un bug récurrent, vous obligeant à redémarrer le niveau. Ce contretemps, bien que frustrant, met en exergue la complexité de la mission dans cet environnement extraterrestre où même vos outils peuvent se retourner contre vous. La nécessité de prendre un itinéraire alternatif pour contourner ce piège révèle la véritable nature chaotique de Darsalon, où chaque avancée est un défi constant et où l’imprévu est roi.
Support Moba Simulator
Le cœur du jeu repose sur des puzzles à la manière de Lemmings, où chaque niveau propose des objectifs clairs : sauver un certain nombre de Darsanauts en les guidant via des commandes simples – aller à gauche, à droite, rester immobile ou vous suivre. Vous devez parfois créer ou détruire des passages à l’aide d’outils spécifiques comme le Laser Gun pour percer des murs, le Ground Gun pour forger de nouvelles routes ou encore utiliser un jetpack pour atteindre des zones inaccessibles autrement.
Attention, la comparaison avec les Lemmings s’arrête au devoir de sauver des Darsanauts. Le jeu propose une maniabilité bien différente et vous incarnez bien un protagoniste qui ne pourra diriger qu’avec des commandes simples les Darsanauts.
Le gameplay est astucieusement conçu avec une courbe de difficulté progressive qui introduit de nouveaux outils et obstacles à chaque niveau. Certaines séquences intègrent des phases de combat, vous obligeant à protéger vos astronautes contre des ennemis qui surgissent de nulle part. Cette intégration subtile des mécaniques d’action et de puzzle offre une expérience « easy to pick-up, but difficult to master » qui saura satisfaire les amateurs de défis.
Cependant, le jeu peut parfois se montrer capricieux : des bugs récurrents, comme des astronautes figés en T-pose ou des niveaux bloqués à cause d’un mauvais positionnement (exemple classique d’un bug sur une échelle), vous forcent parfois à redémarrer le niveau. De plus, l’explication des nouvelles mécaniques n’est pas toujours très claire, ce qui peut compliquer la compréhension des subtilités des outils à votre disposition.
Gameplay adapté à la Switch
Sur Nintendo Switch, la maniabilité de Moons of Darsalon est globalement satisfaisante, bien que quelques ajustements puissent être souhaités. Les commandes, principalement basées sur le D-pad pour donner des ordres aux Darsanauts, sont simples en théorie, mais leur exécution peut parfois manquer de précision. La disposition des boutons, notamment avec le saut mappé sur le ZL au lieu du B habituel, peut dérouter au début. La réactivité de l’IA, quant à elle, est en grande partie correcte, mais elle peut laisser à désirer lors de certaines situations de groupe, rendant le contrôle de la masse d’astronautes parfois frustrant.
La bande-son du jeu s’appuie sur un style 8-bit qui évoque immédiatement l’ère des consoles rétro. Le soundtrack, aux sonorités sci-fi, est à la fois entraînant et nostalgique, ajoutant un charme incontestable à l’expérience globale. Les effets sonores, du laser perçant l’air aux bruits mécaniques des outils, sont bien conçus et renforcent l’immersion. Néanmoins, certains passages musicaux se répètent, et les effets sonores, bien que fidèles à l’esprit rétro, manquent parfois de variété lors de sessions de jeu prolongées.
Graphiquement, Moons of Darsalon est un hommage réussi à l’esthétique des jeux 16-bit, avec des sprites détaillés et des décors pixel art magnifiquement réalisés. Le jeu combine habilement des éléments 2D et 3D, avec des objets modélisés en 3D et intégrés dans un environnement rétro grâce à un filtre CRT qui renforce la patine nostalgique. Les effets de lumière, notamment dans les zones sombres où une lampe de poche est indispensable, sont particulièrement impressionnants et apportent une dimension moderne à l’ensemble. Toutefois, les animations de certains personnages peuvent paraître un peu « floppy » et saccadées, ce qui dégrade légèrement l’expérience visuelle pour les puristes du pixel art.
Avec des dizaines de niveaux proposant des puzzles de plus en plus complexes, la rejouabilité de Moons of Darsalon est un atout majeur. Chaque niveau propose des objectifs multiples – sauver un nombre minimal de Darsanauts pour obtenir une étoile, avec des défis supplémentaires pour atteindre deux ou trois étoiles – incitant à retenter sa chance pour améliorer ses scores. Cette dynamique « easy to pick-up, but difficult to master » garantit des heures de jeu, même si la répétition des niveaux et la nécessité fréquente de redémarrer à cause de bugs peuvent, pour certains, freiner l’engagement à long terme.
Moons of Darsalon est disponible sur l’eShop de la Nintendo Switch.
Conclusion
Moons of Darsalon est un jeu qui séduit par son originalité et son esprit rétro, mêlant des mécaniques de puzzle classiques à une action plateforme basée sur la physique. Lorsqu’il fonctionne comme prévu, le jeu est un véritable délice, offrant des moments de pure satisfaction lorsque vous résolvez une énigme particulièrement astucieuse ou que vous guidez habilement vos Darsanauts à travers des environnements dangereux. Cependant, ses bugs intermittents et une maniabilité parfois capricieuse peuvent transformer l’expérience en une source de frustration. Malgré ces imperfections, le charme unique et le design réfléchi du jeu témoignent du travail colossal accompli par Dr. Kucho ! Games.
LES PLUS
- Univers captivant et direction artistique soignée
- Gameplay varié et ingénieux
- Bande-son bien calibrée
LES MOINS
- Les astronautes à secourir sont… cons
- Certains niveaux présentent des pics de difficulté surprenants
- Des bugs récurrents
- Uniquement en anglais